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19/06/2009

Mémoire: Les charbonniers d'Aigaliers, Baron et Foissac

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Le projet éducatif d'Aigaliers, Baron et Foissac, qui regroupe les associations Aphyllanthe, Aba, les Lutins et les Escoules, les enseignants et les élus locaux de ces trois villages, auxquels se sont jointes l'association du patrimoine de Baron et la bibliothèque de Foissac, a effectué un travail fort intéressant sur la mémoire des anciens charbonniers désireux de transmettre leur histoire.

Bénéficiant du soutien du Conseil général, de la direction de la Jeunesse et des Sports, du Pays Uzège Pont du Gard, dès 2007 des bénévoles ont effectué un vaste travail de collecte basé en premier lieu sur la récolte de témoignages à la fois des anciens charbonniers et des habitants qui les ont côtoyés quand ils exerçaient encore leur profession. Ils ont photographié d'anciens outils et ont enregistré les entretiens, tout en recueillant des objets et des photographies. La synthèse de leur travail était effectuée par Audrey Sibellas, stagiaire du master valorisation et médiation des patrimoines de l'université Paul-Valéry de Montpellier.

Les premiers fruits de ce dossier ont été présentés en juin 2007 à Bourdiguet. Une balade contée, une exposition, des démonstrations de l'usage des outils ont permis de découvrir l'univers des charbonniers. Le but est de créer un sentier de randonnée dédié à cette histoire sur les trois communes.

Jusqu'au milieu du XIX e siècle, l'activité de charbonnage était surtout pratiquée par les paysans et les artisans qui exploitaient la forêt selon leur besoin, sans que cela soit considéré comme un métier à part entière. Cette activité devient ensuite une spécialité aux mains des Auvergnats, puis des Italiens, à mettre en parallèle avec la vague d'immigration italienne entre les années 1870 et 1914.
Les immigrés italiens des communes d'Aigaliers et de Baron sont majoritairement issus de la région de Bergame. Les Bergamasques sont spécialisés dans le bûcheronnage depuis des siècles. La plupart sont venus au début du XX e siècle pour trouver du travail et faire la saison. Ils repartent en Italie lors de la Première Guerre mondiale et fondent une famille. La crise sociale et économique italienne au début des années 1920 et l'instauration du régime fasciste par Mussolini les poussent à revenir en France, où ils se remettent à fabriquer du charbon de bois.

L'année 2009 a été consacrée à la réalisation d'un film et à la préparation d'un lieu témoin, une ancienne cabane des enfants des charbonniers, située après Bourdiguet, sur le territoire d'Aigaliers. Dimanche 21 juin à partir de 9 heures, et jusqu'à 17 heures, va être reconstruite une charbonnière avec l'aide des anciens charbonniers. Une exposition est également prévue ainsi que la reconstitution d'un village de charbonniers par l'atelier d'arts plastiques.

07/06/2009

Devoir de mémoire: Une présence appréciée et récompensée

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Le 11 novembre dernier, pour le 90e anniversaire de l'Armistice de 1918, des élèves de la classe de troisième (histoire et géographie) du collège Jean-Louis-Trintignant ont demandé à participer à la cérémonie du Souvenir. Devant le monument aux Morts, plusieurs d'entre eux ont procédé à la lecture de lettres de Poilus adressées à leur famille. Ce fut un instant poignant.

Pour les remercier, l'association des anciens combattants, veuves et victimes de guerre de l'Uzège a proposé à leur professeur de leur offrir la visite du Musée militaire de l'Infanterie à Montpellier.

Cette visite a eu lieu lundi dernier pour les 26 collégiens encadrés par la principale du collège Mme Fagot-Barrey, par leur professeur Mme Billard et par le surveillant général M. Castel ainsi que par plusieurs anciens combattants et veuves.

Le groupe, qui était accompagné par Thierry de Seguins Cohorn, conseiller municipal d'Uzès chargé des relations avec les autorités militaires, fut reçu par le capitaine Montagne et plusieurs officiers et sous-officiers chargés de commenter la visite.

Les 14 salles du musée furent visitées, ponctuées d'explications fort précises et intéressantes, avant un repas mess de la garnison.
L'après-midi fut consacré à des démonstrations des nouvelles armes et équipements de l'infanterie, ponctuée d'un instant mémorable, un tir réel en simulation au laser pour tous, au Famas (fusil d'assaut) avec chargeur de 10 cartouches, sur cible fixe. Enfin fut précisée la mise en place en temps de guerre d'une armée, du général au simple soldat, avec tout le matériel nécessaire.

Au terme d'une journée, jugée par les collégiens eux-mêmes, « intéressante pour la suite de leurs études et qui restera à jamais gravée dans leur mémoire », le retour, après un moment de détente au foyer du soldat, se passa sur le thème de la séance de tir où les filles se sont avérées plus performantes que les garçons.

Paul Parment, président des anciens combattants de l'Uzège, fut impressionné par la conduite exemplaire de ces collégiens : « Toute la journée, ces élèves ont fait preuve de discipline et d'une grande correction. Ils ont bien observé les consignes reçues. Ils nous ont déclaré leur gratitude pour notre geste envers eux. De notre côté, comme nous les remercions de leur amabilité et de leur gentillesse. Grâce à eux, ce fut une réussite totale. Nous avons même trouvé la journée trop courte. » A ces louanges, il convient évidemment d'associer le personnel enseignant et les autorités militaires qui ont permis aux anciens combattants uzégeois d'accomplir un réel travail pour le devoir de mémoire, fort apprécié.

26/05/2009

Histoire: Du collège Racine au lycée Charles Gide

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Une classe de troisième du collège Racine en 1925.

Alors que cette semaine est polarisée autour du livre que vient de publier Nicole Bouyala Histoire d'hier, combat de demain (Champ social éditions), un combat de six ans (1974-1980) pour sauver le lycée d'Uzès, il est bon de se souvenir de deux petits ouvrages concernant cet établissement qui faillit disparaître.

Concernant le collège, un ancien principal, M. Frandon publia en 1907 un livre Le collège d'Uzès qui permet d'aborder un aspect méconnu de cet établissement. Après s'être attardé sur le collège (l'institution) avant la Révolution, avec des régents catholiques mais également RPR (religion prétendue réformée) et quelques périodes de flottements, M. Frandon aborde la période qui nous intéresse. Le duc d'Uzès permit au collège de s'installer dans son château « vaste édifice et le plus sain qu'on put trouver ». La Baronne de Castille mit à disposition le magnifique parc de l'Evêché qui « fournit aux élèves des promenades agréables dans toutes les saisons, tous les légumes et tous les fruits de ce climat ».

Mais alors que le collège était parvenu à un degré de prospérité « qui le faisait considérer comme un des premiers établissements de ce genre dans l'académie de Nîmes », le duc d'Uzès décida en 1834 de revenir habiter son château. Le maire M. Verdier-Allut et le conseil municipal étudièrent alors un projet d'installation à partir d'une offre de J.B. Roux, « une maison dite de Saint-Firmin et une terre appelée le Jeu de Ballon, situées sur la partie culminante du plateau, en pleine campagne, aux portes mêmes de la cité ». La ville acheta l'immeuble 15 000 F mais M. Roux se réserva « la porte de la remise, les vignes et arbres fruitiers » . Des travaux furent entrepris pour un coût total de 42 260 F et furent terminés en 1837, le principal, Simon Couder pouvant prendre possession du nouveau bâtiment en juin. Les portes et les grilles qui avaient été enlevées en 1835 de la promenade des Marronniers servirent à fermer la grande cour et l'ancienne remise sur la rue. Mais le principal décéda en novembre de la même année et fut remplacé par son fils.

Dès 1841, l'annexion d'une école primaire supérieure fut autorisée et devint effective l'année suivante avec comme directeur M. Causse de Nîmes. Cette double structure traversa le siècle et explique que, sur des photographies prises il y a un siècle, des enfants côtoient de grands élèves... parmi lesquels Charles Gide qui a donné son nom à l'actuel établissement qui s'appelait naguère collège Racine. Pierre Pélisséro, nommé professeur au collège au début des années 50, a rédigé une plaquette en 1987 où il aborde la période contemporaine du petit collège dans l'entre-deux guerres, les débuts de la mixité en 1924, pendant la Grande Guerre, où il fut transféré au Portalet, dans la maison Espérandieu (actuelle médiathèque), un après guerre stable avec la reconnaissance de lycée nationalisé mixte en 1960, des effectifs en pointe jusqu'à 904 élèves qui rendent ses bâtiments obsolètes, et la cassure marquée par la séparation des deux cycles.

L'établissement à taille humaine dont les effectifs avaient chuté à 96 lycéens devenait une cible pour le Rectorat qui, comme en 1950, envisageait la fermeture. Six années de lutte, entre 1974 et 1980, ont permis au lycée de pouvoir se flatter maintenant de ses 730 élèves et de ses excellents résultats au bac.

19/04/2009

Anecdote: Lionel d'Albiousse victime de sa curiosité.

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La maison de Parseval, rue Docteur Blanchard.

Dans son livre paru en 1912, Histoire anecdotique de la rue de la Monnaie, Lionel d'Albiousse s'attarde sur la maison de Parseval d'Amoreux, dédiée dans un premier temps aux Carmélites lorsqu'elles arrivèrent à Uzès, puis à « une école pour l'instruction chrétienne des enfants catholiques ». En creusant les fondations du bâtiment devant accueillir l'école, furent découvertes celles de l'ancien temple protestant.
Un dimanche matin, un peu avant la grand messe, passant dans cette rue où il habitait, Lionel d'Albiousse vit la porte de la maison de Parseval ouverte. Poussé par la curiosité de découvrir les fondations mises à découvert, il entrait et se rendit dans le jardin, dont la porte était ouverte également, sans voir personne.
Il se livrait à toutes sortes de réflexions sur ce temple construit en 1598, « pouvant contenir 5 à 6000 habitants », détruit lors de la Révocation de l'Edit de Nantes et dont l'emplacement fut donné à l'évêque qui y fit construire un grand séminaire, lorsqu'il entendit la dernière sonnerie de la messe.
Lionel d'Albiousse entreprit de quitter les lieux. Mais la porte s'était refermée.
« J'eus une vive émotion, écrit l'historien uzétien, de me voir prisonnier dans une maison inhabitée, au milieu d'un jardin bordé de murs élevés, et, un dimanche, jour où les ouvriers ne viennent pas travailler. » L'inquiétude gagna Lionel d'Albiousse qui allait manquer la messe et se reprochait d'être trop curieux. Il découvrit cachée dans le buis, d'une allée du jardin, une longue échelle qu'il s'appliqua à appuyer contre le mur assez haut de la rue Plan de l'Oume. Mais le juge n'était pas un athlète qui, lorsqu'il eut réussi son entreprise se trouva face à une rue déserte et des maisons vides. Il resta presqu'une demie heure perché tout en haut de son échelle, guettant le premier passant. Ce fut, à la sortie de la messe, « une brave femme âgée » à qui il exposa sa triste situation et elle s'empressa d'aller lui faire ouvrir les portes.
« En sortant, écrit Lionel d'Albiousse,  je ne saurais dire combien je fus heureux d'avoir recouvré ma liberté. »

22/02/2009

Histoire: Un témoin des Justices au Moyen Age

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Au sud du centre hospitalier du Mas Careiron, prolongeant la galerie des Pâtres, qui accueille les installations du Tennis club du Duché, débute le pittoresque chemin de Justice qui descend lentement vers le mas des Justices et qui réserve une sacrée surprise au promeneur.
Enchassé dans un mur de clôture, s'élève à plus de cinq mètres un pilier carré en pierre, portant presque à son sommet un trou rectangulaire. Dans son livre sur Uzès, Gaston Chauvet nous apprend qu'il s'agit d'un ancien gibet où étaient pendus au Moyen-Âge ceux qui étaient condamnés à mort par la Justice Royale. Gaston Chauvet a trouvé trace d'une enquête réalisée en 1500 où un témoin déclare « qu'un nommé Alayre de Beaujeu dit Passalaygue fut pendu et estranglé à la justice réale, qui est hors ville, au chemin de Nismes ».
Au XII e siècle, à Uzès, lorsque la province du Languedoc fut rattachée à la France, furent créées des vigueries dont le viguier eut le droit de rendre justice au même titre que l'évêque qui possédait son propre gibet, certainement près du lycée Gide. Les affaires importantes étaient du ressort du sénéchal de Nîmes Beaucaire qui réunissait en assise le viguier, le juge mage, les seigneurs et principaux personnages du pays. Le Roi conservait la justice pour l'effusion de sang. « Lorsqu'un individu était condamné à mort, écrit Lionel d'Albiousse (Histoire de la Ville d'Uzès 1903), on le conduisait à deux kilomètres environ d'Uzès, non loin de la route de Nîmes, au bord du chemin de traverse qui se dirige vers la route des Seynes ».
Pour les condamnations moins graves, l'exécution des sentences de la justice royale avait lieu sur place publique. Lionel d'Albiousse précise quelques sentences : pilori en public pour une première blasphémation ; lèvre fendue avec un fer chaud pour une deuxième blasphémation ; lèvre supérieure coupée avec un couteau ou un rasoir pour une troisième.
La justice royale dominait les autres au point que dans un acte de 1352, Lionel d'Albiousse a relevé que « le seigneur d'Uzès ayant enfermé dans sa prison un bannier consulaire et ne voulant le relâcher, le viguier royal pénétra manu militari dans la prison seigneuriale et mit le prisonnier en liberté ».Cette justice seigneuriale prit une certaine importance lorsqu'Uzès fut érigée en duché pairie en 1572.
Parallèlement, l'évêque d'Uzès assumait les fonctions de défenseur de la cité, réunissant entre ses mains les pouvoirs administratif et judiciaire.
Uzès comptait également deux autres justices. Les consuls outre le droit de faire la police de la voirie, des marchés, de la salubrité, avaient obtenu du Roi une double juridiction, le Tournal et le pilori de la place du Costel (aux Herbes). Les chanoines avaient juridiction sur le bourg de Saint Firmin.

18/02/2009

Mémoire : Lionel d'Albiousse, le principal historien d'Uzès

albiousse.jpgLionel d'Albiousse est né à Uzès le 6 mars 1827. Il fut président du tribunal, membre de l'Académie de Nîmes, du comité de l'art chrétien, de la société française d'archéologie, du conseil héraldique de France et de l'Institut héraldique italien.

Outre son métier qu'il accomplit avec une grande noblesse, il passa sa vie à mieux connaître sa ville natale et à transmettre ses connaissances. Il a défriché une histoire complexe qui sert encore de nos jours, malgré ses approximations, de référence à ceux qui veulent appréhender Uzès et aller plus avant dans l'histoire de la famille ducale. Il éprouvait en effet « un dévouement sans bornes » à la duchesse douairière.

Certes, il n'a pas été le premier à écrire sur Uzès, Gustave Théraube l'ayant précédé, dans un livre à vocation électoraliste, mais il est celui qui a écrit le plus. Juge près le tribunal civil d'Uzès, « ce grave et docte magistrat », comme le qualifie Alphonse Artozoul dans ses Biographies uzétiennes (1896), était convaincu de l'utilité de centraliser l'état civil des citoyens et écrivit sur ce thème plusieurs opuscules dont un surprenant De la suppression du crime de bigamie par l'établissement du casier d'état civil. Il ne négligeait pas pour autant Uzès où il résidait au 17, rue de la Monnaie (actuellement rue Dr Blanchard), il consacrait ses loisirs, puis sa longue retraite à compulser les archives et à écrire : La crypte d'Uzès (1880), Guide de l'étranger à Uzès (1882), Histoire des Ducs d'Uzès (1887), Histoire de la ville d'Uzès (1903), Les fiefs nobles du château ducal (1906), L'armorial d'Uzès (1910), Histoire anecdotique de la rue de la Monnaie (1912)....

Certains de ses livres ont été rédités ; d'autres sont introuvables, mais peuvent être consultés à la médiathèque qui possède toute la collection.
Après Brousson, Gourbeyre, Gide, Racine, il serait peut être temps de s'attarder sur Lionel d'Albiousse.

16/02/2009

Mémoire : les abattoirs... c'est pas pour les cochons

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Le personnel des abattoirs d'Uzès en 1909.

Jusqu'en 1890, la place aux Herbes, appelée alors place du Marché aux Herbes potagères, était encombrée de deux immeubles vétustes, l'un accueillant le vérificateur des poids et mesures, l'autre, la boucherie communale. Il existait, chemin de l'Escalette, l'abattoir public qui a fermé ses portes il y a un demi-siècle et qui accueillait tout abattage de bestiaux. Cet abattoir public avait été confirmé et maintenu par une ordonnance de Charles X, en 1829, qui précisait son utilisation. « L'abattage des boeufs, vaches, veaux, moutons et porcs destinés à la consommation des habitants aura lieu exclusivement dans l'abattoir public. Toutes les tueries particulières seront interdites et fermées. »

Cependant, une autorisation du droit coutumier, qui a rendu bien des services aux Uzétiens en période de disette, était acceptée. « Les propriétaires et particuliers qui élèvent des porcs pour la consommation de leur maison conserveront la faculté de les abattre chez eux, pourvu que ce soit dans un lieu clos et séparé de la voie publique. » Bien des maisons possédaient à Uzès une porcherie. Le moment de l'abattage et de la transformation en saucisses, boudins, côtelettes, pâtés, jambons... donnait lieu à une fête de famille à laquelle étaient associés les voisins qui recevaient un présent.

Or, pendant la dernière guerre, les occupants, qui avaient investi Uzès, interdirent cette pratique qui, on s'en doute, perdura, avec parfois un certain folklore. Rue Petite Bourgade il n'était pas rare de voir un papé promener ses cochons qui, lorsqu'ils étaient dodus à point, étaient confiés à la main du Remounet, un tueur âgé à la main devenue maladroite. On savait que le moment de la saignée allait faire naître un vacarme d'horribles cris aigus. Une sentinelle était donc placée à la Caisse d'Epargne, une autre à la Croix des Palmiers. Il n'y eut jamais d'incident. Toute l'année, les habitants du quartier (ce devait être pareil ailleurs) ne connaissaient pas la disette, d'autant que tous avaient un jardin potager à proximité.

13/12/2008

Histoire: Le Barri derniers vestiges des anciens remparts

 

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Jadis, Uzès était protégé par des remparts. En témoigne les boulevards, avec la porte Saint Etienne Il et le Barri (dérivé de barrière, qui était une enceinte fortifiée autour d'une porte) qui prolonge le plan de l'église Saint Etienne surplombant le boulevard Victor Hugo.

Sur les vestiges des remparts sont construites plusieurs maisons, la rue qui les dessert plongeant vers le Portalet par un impressionnant escalier. Dans l'épaisseur de la muraille se sont installés des commerces : restaurant, café, bourrelier, pressing.
Pour mettre un terme à la troisième guerre de religion, dite de Rohan, Richelieu fut chargé de ramener à la raison le duc de Rohan nommé chef et généralissime des églises réformées de France, à la suite d'une réunion à Uzès, le 10 septembre 1627, avecdes députés (72) des diverses villes concernées.

Pour réprimer la révolte du Midi, quatre corps d'armée furent ainsi mobilisés, dont un autour de Nîmes et Uzès. Après la signature au château de Saint Privat de la paix d'Alais, le 27 juin 1629, Louis XIII se mit en marche pour Uzès.
Arrivé à Collias il annonça son entrée à Uzès pour le 1er juillet et demanda à ce qu'on ouvre une brèche dans les fortifications.
Cette brèche fut ouverte au Portalet, à hauteur de la rue St Théodorit qui mène à la tour du Roy. Un arc de triomphe, décoré de buis, de fleurs et de devises fut dressé, avec au-dessus un tableau représentant « le roi à cheval armé de pied en cape, sa lance sur la cuisse et tout couronné de lauriers ». Le premier consul Jean de Janas offrit au roi les clés de la ville dans un bassin d'étain fin. Richelieu arriva une heure après.
Le maréchal Bassompierre fut chargé par Louis XIII de visiter les fortifications de la ville et de lui adresser un rapport.
Le roi, le cardinal et leur suite restèrent plusieurs jours à Uzès où fut rédigé l'édit de Paix conclu à Alais, publié à Nîmes, qui confirmait celui de Nantes et mit fin au parti calviniste. Le 14 juillet, le roi quitta Uzès emportant 7 pièces d'artillerie. Il chargea le maréchal de Bassompierre de veiller à la démolition des fortifications, à l'exception de ses murs d'enceinte et de ses tours. Il faudra attendre 1765 pour que les remparts et les tours devenus inutiles soient complètement démolis.

29/11/2008

Histoire: A propos de la Maison de la Providence

chapelle.jpgInscrite dans le patrimoine architectural d'Uzès , située à proximité de la vallée de l'Eure, des établissements scolaires, des librairies, la médiathèque a été installée dans un bâtiment emprunt d'histoire : la Maison de la Providence. Elle est nichée entre la rue Port-Royal qui rappelle le séjour de Racine à Uzès (1662-1663) et le Portalet où l'étroite échancrure fait forcément penser à l'entrée de Louis XIII (1629) dans une cité soumise à nouveau.

Proche de la place aux Herbes et de la fontaine originelle de la ville, en bas de la rue Saint-Théodorit, ce fut au Moyen Âge la demeure de la famille d'Espérandieu qui s'éteignit après les Guerres de religion.
« Cette famille d'Espérandieu, nous apprend Gaston Chauvet, dans son livre sur Uzès, remontait à la plus haute ancienneté ; ses ancêtres avaient été honorés de la protection de Charlemagne par lettres données en 814 à Aix-la-Chapelle. » Un d'Espérandieu fut consul d'Uzès en 1428 et fit restaurer les remparts par crainte des Anglais.

Par la suite, cette famille embrassa les idées nouvelles et en fut l'un des plus importants soutiens. M gr Bauyn, évêque d'Uzès, acheta cette maison en 1743 pour y installer six ans plus tard trois frères des Ecoles chrétiennes, puis l'agrandit en 1773 en acquérant des propriétés voisines pour en faire une Maison de la Providence. Les méthodes d'enseignement, nouvelles pour l'époque, de ces frères consistèrent à donner aux élèves une solide orthographe, une rédaction correcte et des notions de calcul, pratiques et suffisantes pour donner une excellente base primaire à de futurs artisans, commerçants ou employés.

Pendant la Révolution, les frères furent expulsés, les lieux donnés à l'hospice furent loués à des particuliers, mais la mairie effectua en 1818 des réparations afin de réinstaller les frères qui disposèrent dès 1826 d'un dortoir. Le bâtiment des écoles et le jardin sont cédés en 1856 à la ville qui construisit dix ans après la tourelle surmontée d'une vierge.

Après l'expulsion des frères, qui trouvèrent asile rue du Plan de l'Oume où se tient encore un collège privé, et qui y animèrent une école du soir réservée aux adultes, s'y installa en 1888 une manufacture de chapeaux tenue par Auguste Vigo. De 1908 à 1963, on y trouve l'école maternelle. Cette maison a aussi accueilli le collège pendant la dernière guerre, le restaurant d'entraide aux aînés, les services de la viticulture, la MJC, la Croix-Rouge.

05/11/2008

Mémoire : Jean-Louis Calvet se souvient d'Aimé Césaire

Césiare.jpgVendredi dernier, Jean-Louis Calvet a participé au forum du Premier prix Aimé-Césaire sur le thème "De loin comme de près", en peinture et sculpture. Dimanche il s'est retrouvé avec huit jurés afin de décerner ce prix et il a eu la grande joie de rencontrer le neveu d'Aimé Césaire, Gilles Roussi, professeur aux Beaux-Arts et sculpteur de talent, qui vit à Mars en Ardèche. Ils ont évidemment sympathisé. Gilles Roussi a été fort étonné que Jean-Louis Calvet possède tous les ouvrages originaux dédicacés par son oncle, alors que lui-même n'en possède aucun.

En début d'année, Aimé Césaire s'est éteint , dans son île natale, la Martinique ; le monde entier honora sa mémoire. Uzès ne restait pas à l'écart car le souvenir du prix Aimé-Césaire récompensant un jeune poète uzétien étaitencore vivace.

Aimé Césaire connaissait Uzès par le biais de Jean-Louis Calvet, le créateur de la manifestation aujourd'hui défunte "Uzès se livre", et il l'a souvent rencontré à Fort-de-France, et avait découvert l'un de ses livres Et les chiens se taisaient, par un pur hasard, en 1969, en gare Vitoria à Londres et, surtout avait rapporté de l'un de ses voyages en Martinique l'autorisation d'utiliser le nom du chantre de la négritude.
C'était en 2004 ! Il s'agissait d'une première car aucun prix littéraire ne portait son nom. Aimé Césaire avait toujours refusé par modestie. Même le collège Schoelcher de Fort de France, avec ses 1 800 élèves, n'avait pu donner le nom d'Aimé Césaire à son prix littéraire.

Dans le courrier qui suivit leur entretien, Aimé Césaire écrivait : « Je suis très touché d'avoir été choisi pour ce prix. Je ne suis pas sûr de mériter cette distinction. J'accepte cependant. » Il avait lu devant une assistance composée de Boubacar Diagne, fils de Léopold Sédar Senghor ; de Mamédy Sacko, ambassadeur de Mauritanie ; et de la presse martiniquaise un passage de Uzès, ville bénie des dieux, un livre de Jean-Louis Calvet.

Ce dernier dès qu'il apprit l'hospitalisation de ce grand homme qui lui avait accordé son amitié, et qui vivait ses derniers jours, téléphona quotidiennement à sa secrétaire et envisageait de faire un aller retour à Fort-de-France pour lui dire adieu. C'était trop tard.
Jean-Louis Calvet gardera profondément ancré en lui l'un des derniers messages que lui a adressé Aimé Césaire : « On a beau peindre blanc le pied de l'arbre, la force de l'écorce en dessous crie. Ressentiment ? Rancune ? Non ! Haïr, c'est encore dépendre. Moi, j'ai une fois pour toutes refusé d'être esclave. »

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